Le discours de La Baule et la politique africaine de la France

Le 20 juin 1990, devant 36 dlgations africaines, Franois Mitterrand prononce son discours sur la ncessaire dmocratisation de l’Afrique. Or, pour l’auteur de cet article, ce discours, malgr sa formulation (dont la conditionnalit de l’aide), n’a pas vritablement apport une rupture avec le pass. La mme politique de la France vis–vis de l’Afrique se prolonge, sous d’autres modalits. Mitterrand se rvle l’hritier de de Gaulle. Certains chefs d’tat africains manifestent clairement leurs rticences pendant le sommet de La Baule. Les autocrates africains, finissent par s’engager, contraints, dans le processus de dmocratisation. Le Bnin ouvrant la voie, une frnsie de confrences nationales et de consultations en tous genres s’empare de l’Afrique francophone. Neuf ans plus tard, on constate que le processus de dmocratisation a tourn court, a abouti des blocages constitutionnels et parfois la violence. Or les prceptes de La Baule n’ont pas vraiment t appliqus par la France, mme si le prsident Chirac, dans son discours de Ouagadougou du 5 dcembre 1996, met l’accent sur la bonne gouvernance, et le premier ministre Jospin sur la ‘non-ingrence’ et la ‘non-indiffrence’ (discours du 3 septembre 1998). La France doit abandonner sa politique clientliste du pr-carr francophone et s’ouvrir rellement sur les autres Afriques. Une rforme des instruments de coopration s’est engage; le rle du Parlement devrait tre revaloris dans sa mission de contrle budgtaire et dans celle de fixer les grandes orientations de la politique. Notes, rf.

Title:Le discours de La Baule et la politique africaine de la France
Author: Berramdane, Abdelkhaleq
Year:1999
Periodical:Revue juridique et politique: indpendance et coopration
Volume:53
Issue:3
Pages:247-268
Language:French
Geographic terms: Africa
France
Subject:foreign policy
Abstract:Le 20 juin 1990, devant 36 dlgations africaines, Franois Mitterrand prononce son discours sur la ncessaire dmocratisation de l’Afrique. Or, pour l’auteur de cet article, ce discours, malgr sa formulation (dont la conditionnalit de l’aide), n’a pas vritablement apport une rupture avec le pass. La mme politique de la France vis–vis de l’Afrique se prolonge, sous d’autres modalits. Mitterrand se rvle l’hritier de de Gaulle. Certains chefs d’tat africains manifestent clairement leurs rticences pendant le sommet de La Baule. Les autocrates africains, finissent par s’engager, contraints, dans le processus de dmocratisation. Le Bnin ouvrant la voie, une frnsie de confrences nationales et de consultations en tous genres s’empare de l’Afrique francophone. Neuf ans plus tard, on constate que le processus de dmocratisation a tourn court, a abouti des blocages constitutionnels et parfois la violence. Or les prceptes de La Baule n’ont pas vraiment t appliqus par la France, mme si le prsident Chirac, dans son discours de Ouagadougou du 5 dcembre 1996, met l’accent sur la bonne gouvernance, et le premier ministre Jospin sur la ‘non-ingrence’ et la ‘non-indiffrence’ (discours du 3 septembre 1998). La France doit abandonner sa politique clientliste du pr-carr francophone et s’ouvrir rellement sur les autres Afriques. Une rforme des instruments de coopration s’est engage; le rle du Parlement devrait tre revaloris dans sa mission de contrle budgtaire et dans celle de fixer les grandes orientations de la politique. Notes, rf.